Pour guérir des TCA, que mes symptômes alimentaires n’aient plus besoin d’exister, j’ai besoin de :
- Vivre en adéquation avec ma raison d’être et incarner toutes les parts de moi-même.
- Posséder un système nerveux résilient, capable de faire face aux aléas de la vie sans céder à mes instincts archaïques, qui me poussent à poursuivre le plaisir et fuir la douleur de mes traumatismes.
La question de la guérison des troubles du comportement alimentaire (TCA) est fondamentale, mais elle soulève souvent des incompréhensions. Quelle est la différence entre guérir et soigner ?
En anglais, ces deux notions se distinguent par les termes « healing » et « care ». « Healing » vient de l’anglais ancien hælan, qui signifie « rétablir, rendre entier, guérir », alors que « care » vient de caru ou cearu, qui signifient « souci, chagrin, peine, attention ».
Dans cet article, nous explorerons ces différences et les étapes nécessaires pour parvenir à une véritable guérison des TCA.
Guérir des TCA vs Soigner les TCA
Le soin (care) et la guérison (healing) représentent deux étapes distinctes et complémentaires face à la souffrance. Ces deux étapes sont indispensables et se succèdent dans un cheminement vers l’apaisement et la liberté.
Soigner : une première étape nécessaire
Le soin permet de répondre à un besoin énergétique immédiat tant que l’on n’est pas en mesure d’intégrer pleinement l’expérience qui a causé la souffrance. Dans le soin, je suis encore dans une posture où :
- « Le monde est injuste, je souffre, je suis victime d’un méchant événement, d’une méchante personne. »
- « J’ai besoin qu’on me donne de l’énergie externe pour compenser l’énergie qui m’a été soustraite par le choc de l’évènement traumatique. »
Cette posture, que l’on pourrait appeler « la posture de victime » d’un dysfonctionnement, correspond à la première étape de la guérison. Il n’y a aucun jugement de valeur à porter sur cette phase. Après un traumatisme (ce que j’appelle un « événement perçu tronqué »), j’ai besoin de récupérer l’énergie perdue. Je cherche alors cette énergie auprès de l’extérieur, j’ai besoin de béquilles à travers des soins ou des solutions qui viennent pallier ce qui n’est plus en mesure de fonctionner de manière autonome : soutiens, outils et substituts externes. Dans cette posture, je ne suis pas encore en mesure de réintégrer les informations de l’évènement et j’ai donc besoin de substituts extérieurs.
Nous sommes également victimes de ce que notre système nerveux (SN) n’est pas en mesure de processer. Le soin nous aide à combler ces lacunes temporaires et à nous stabiliser.
Guérir : une transformation intérieure profonde
Guérir, c’est tout autre chose. Cela implique un processus intérieur profond où je ne cherche plus à fuir la douleur ni à la combattre.
Dans la guérison, je deviens souverain. Je me tiens dans une posture d’équanimité avec les autres et avec la vie. Je cesse de percevoir ma situation comme injuste et je reconnais la justesse de mes expériences. La guérison est un processus qui passe par l’amour inconditionnel de ce qui est. C’est un cheminement qui peut prendre du temps, mais qui permet de transformer en profondeur notre relation à nous-mêmes et à la vie.
L’analogie entre la fission et la fusion
Pour comprendre la différence entre le soin et la guérison, on peut utiliser l’analogie nucléaire :
- La fission traumatique : Le traumatisme agit comme un événement qui divise. Il crée une polarité entre le bien et le mal, la douleur et le plaisir, la victime et le bourreau. Cette polarité garde une énorme quantité d’énergie latente et nous maintient dans un état de lutte permanente.
- La fusion de la guérison : La guérison, au contraire, consiste à réunir ces polarités. C’est un processus d’intégration où je peux enfin reconnaître la perfection de mes expériences de vie, même celles qui m’ont fait souffrir. Lorsque cette fusion se produit, je récupère l’énergie perdue et je peux la mettre au service de ma raison d’être.
Le TCA : une expression de la vie réprimée
Pour guérir des TCA, il faut changer de perspective : le trouble du comportement alimentaire n’est pas le problème en soi. Il est l’expression de la vie que je ne m’autorise pas à vivre. Il reflète ma tentative de poursuivre le plaisir et de fuir la douleur liée à mes traumatismes. Paradoxalement, le TCA me permet d’exprimer ce que je réprime. Il agit comme un mécanisme d’adaptation pour faire face à une énergie que je ne sais pas encore gérer autrement.
La guérison revient alors à aimer l’histoire qui nous a divisés. En apprenant à accepter et à intégrer ces expériences, je peux transformer cette énergie et l’utiliser pour incarner pleinement qui je suis.
Une transition entre le soin et la guérison
Le soin est une étape nécessaire pour pallier un manque d’énergie temporaire. Il nous aide à avancer lorsque nous ne sommes pas encore en mesure de fusionner nos polarités et d’intégrer nos expériences. Cependant, il arrive un moment où le soin peut enfermer. On se sent alors prêt à lâcher les béquilles et à s’ouvrir au processus de guérison.
Chez Boulimiracle, nos accompagnements s’adressent précisément aux personnes ayant déjà reçu des soins et qui se sentent prêtes à aller plus loin, vers une véritable guérison. Nous guidons celles et ceux qui reconnaissent que le TCA n’est pas le problème en soi, mais le symptôme d’un mal-être plus profond. Notre démarche vise à transformer cette énergie réprimée pour l’aligner avec votre raison d’être, dans un processus d’intégration et d’amour inconditionnel.





